Le cercle vicieux de la phobie

La phobie se développe (et, si elle n'est pas prise en charge, risque d'empirer) selon un fonctionnement cyclique.
L'objet de la phobie peut faire "naturellement" peur, dans le sens où aucune expérience ou préjugé acquis au préalable ne nous pousse à en avoir peur (par exemple, on peut avoir peur des chiens sans avoir de souvenir négatif traumatisant impliquant un chien, ou sans avoir appris auparavant que les chiens pourraient représenter un danger). Cependant, dans la plupart des cas, la réaction de peur face à l'objet de la phobie est dictée par des souvenirs de situations antérieures qui se seraient mal passées.
 

 
En effet, la mémoire emmagasine beaucoup plus facilement les souvenirs liés à une émotion très forte: on se souviendra plus facilement des moments de joie intense, de profonde tristesse, ou bien, évidemment, de peur. Cela fait partie des réactions normales de l'instinct de survie: lorsqu'on a vécu une situation qui, pour notre cerveau, s'apparente à du danger, celui-ci va stocker l'information pour pouvoir la reconnaître à l'avenir et éviter, justement, d'être exposé à nouveau au même danger. Ainsi, quand on est exposé à une situation dont les conditions sont proches de celles gardées en mémoire, on va systématiquement se remémorer ces mauvais souvenirs, comme une sorte d'avertissement interne. En résultent tension, appréhension, état d'alerte, anticipation, soit autant d'états émotionnels désagréables qui vont amorçer la peur avant même qu'on soit réellement en contact direct avec l'objet phobogène.
 
L'addition à la fois des souvenirs négatifs et du fait qu'on se retrouve en exposition avec l'objet de notre phobie va déclencher une réaction de peur qui peut prendre une ampleur variable, pouvant aller de la gêne légère jusqu'à l'attaque de panique.
 
Or, cette réaction de peur, si aucune stratégie n'est mise en place pour la contrer, va à son tour alimenter la liste de situations de peur antérieures, ce qui va rendre la prochaine exposition encore plus difficile et éprouvante. La peur résultant de la situation présente va renforcer la phobie: on appelle ce phénomène un renforcement.
(Selon Wikipedia: En psychologie, le renforcement est un procédé qui augmente la probabilité de répétition d'un comportement.) Ici, le comportement risquant d'être répété est la réaction de peur, ainsi que l'évitement potentiel qui peut en résulter.

 
On est donc bien en face d'un fonctionnement dit "en cercle vicieux" qui va s'auto-alimenter si on ne trouve pas de moyen d'en contrer le fonctionnement. Heureusement, il existe bien sûr des solutions pour parvenir, petit à petit, à réduire l'ampleur de ce phénomène.

Tags : phobie - cercle vicieux - fonctionnement

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